IMPACT DE LA CRISE FINANCIÈRE
SUR L'ÉCONOMIE ET L'EMPLOI
M. le président. La parole est à M.
Jean-Pierre Decool, pour le groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.
M. Jean-Pierre Decool. Monsieur le secrétaire
d'État chargé de l'emploi, depuis près d'un mois, la France est touchée par une
grave crise financière mondiale.
M. Maxime Gremetz. Sans
blague ?
M. Jean-Pierre Decool. Cette crise a entraîné des
mesures sans précédent de refinancement de l'économie, notamment en Europe et
aux États-Unis.
Dès dimanche soir, sous l'impulsion de la France et grâce à
la réactivité de la présidence française de l'Union européenne qui a permis de
réunir tour à tour le G4 européen, les représentants de l'Eurogroupe, de la
Banque centrale européenne et de la Commission européenne, un plan de sauvetage
exceptionnel de notre système bancaire a été annoncé, afin de préserver nos
économies et l'emploi.
Alors que le Président de la République et le Premier
ministre s'attachent à défendre ces mesures, aujourd'hui et demain, devant les
Vingt-sept à l'occasion du Conseil européen à Bruxelles, nous venons d'en
adopter leur traduction nationale. Il est cependant regrettable qu'une partie de
cet hémicycle n'ait pas adhéré pleinement à la demande d'unité nationale
formulée par le Premier ministre, en cette période de troubles.
(Exclamations
sur les bancs du groupe SRC.)
Le projet de loi de finances rectificative,
préparé avec les principaux dirigeants de banques françaises, présenté par
Christine Lagarde et Éric Woerth, et que le Sénat examine en ce moment même pour
une promulgation dès la fin de cette semaine, accorde une garantie " payante "
des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d'euros et permet de
consacrer jusqu'à 40 milliards d'euros à la recapitalisation des banques en
difficulté.
Sauver notre système financier, c'est sauver l'épargne des
Français, mais c'est également...
M. Roland Muzeau. Sauver
les prédateurs !
M. Jean-Pierre Decool. ...sauver
l'investissement de nos entreprises, et ainsi réduire les conséquences que
pourrait avoir la crise sur le pouvoir d'achat et, surtout, sur l'emploi des
Français.
Sur le terrain, en Flandres, j'entends l'inquiétude grandissante
des Français pour leur emploi.
M. Patrick Roy. Eh oui ! le
chômage monte !
M. Jean-Pierre Decool. Bien que notre taux
de chômage soit au plus bas depuis vingt-cinq ans, cette préoccupation partagée
par la plupart de nos concitoyens est légitime en cette période de difficultés
majeures et de crise de confiance.
Monsieur le secrétaire d'État, les mesures
essentielles de refinancement de notre économie ayant été prises, comment le
Gouvernement compte-il agir spécifiquement en faveur de l'emploi ? Quelles
solutions envisage-t-il pour répondre aux interrogations des Français sur leur
avenir et minimiser les impacts de la crise sur les créations d'emplois ?
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP.)
M. Roland
Muzeau. Le permis de conduire à un euro ?
M. le
président. La parole est à M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État
chargé de l'emploi.
M. Laurent Wauquiez, secrétaire
d'État chargé de l'emploi. Monsieur le député, vous avez raison : face à une
crise internationale d'une ampleur inédite, le cap du Gouvernement reste le même
: protéger au mieux l'économie réelle.
M. Maxime Gremetz.
Arrêtez !
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État. En
la matière, vous l'avez rappelé, l'urgence est d'abord de limiter l'incendie sur
la place financière et bancaire nationale. Il s'agit de sauver les banques non
pas pour sauver les banques, mais pour sauver notre économie et nos emplois
parce que, sans financement, nos entreprises ne pourront pas se développer et
les emplois de demain seront compromis.
Grâce à l'action du Président de la
République, le plan exceptionnel que vous avez adopté hier, avec l'abstention -
et je le regrette - de certains députés ici présents, nous avons repris de la
lisibilité.
(Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Il nous reste
maintenant à travailler sur le chantier de l'emploi.
Depuis plusieurs
semaines, à la demande du Premier ministre et du Président de la République,
nous travaillons aux côtés de Christine Lagarde à l'élaboration d'un plan
d'action sur le front de l'emploi. Ce plan d'action se déclinera selon trois
volets principaux.
Premièrement, nous voulons poursuivre les réformes de
structures qui doivent nous permettre de changer le visage de notre politique de
l'emploi. Il ne s'agit pas de faire de la gestion conjoncturelle médiatique
poudre aux yeux ; il s'agit de continuer les réformes de structures. Je pense
notamment à la réforme de la formation professionnelle ou encore à la mise en
place du nouvel opérateur pour l'emploi issu de la fusion entre l'ANPE et les
ASSEDIC qui avait été retardée depuis trop longtemps, faute de courage
politique.
(Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Deuxièmement,
nous souhaitons mobiliser tous les outils de la politique de l'emploi quand des
emplois sont en jeu, comme sur le territoire des Flandres auquel vous avez fait
allusion. De la même manière que nous nous sommes rendus avec le Président de la
République et avec Luc Chatel sur le site de Renault à Sandouville,
(Rires et
exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR)...
M.
Jean-Paul Lecoq. Parlons-en !
M. Laurent Wauquiez,
secrétaire d'État. ...partout où nous aurons des difficultés, nous serons
présents et nous utiliserons tous les outils de la politique de l'emploi pour
faire face.
Cela étant je veux être clair : il ne s'agit pas de retomber dans
les errances d'un traitement social du chômage.
M. Jean
Glavany. Ah ! ah !
M. Laurent Wauquiez,
secrétaire d'État. Il est hors de question d'utiliser des outils de
l'emploi qui sont uniquement destinés à mettre sur des voies de garage des
demandeurs d'emploi pour les retirer des statistiques ; il faut, au contraire,
conduire une politique active d'accompagnement et de retour à
l'emploi.
Troisièmement, nous ne voulons pas nous contenter de mener une
politique défensive en matière d'emploi, mais bel et bien d'aller chercher les
emplois de demain...
Plusieurs députés du groupe SRC. Avec
les dents !
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État.
...en matière de numérique, de service à la personne ou encore, avec
Jean-Louis Borloo, d'emplois verts.
M. le président. Merci,
monsieur le secrétaire d'État.
M. Laurent Wauquiez,
secrétaire d'État. Ces mesures seront présentées dans les jours
prochains. Nous traversons une tempête difficile, mais le Gouvernement se battra
avec votre appui pour préserver le plus possible nos concitoyens.
(Applaudissements sur divers bancs du groupe UMP.)